Une nuit avec l’équipe du Pool général de nuit

Votez pour cet article

A l’heure H est allé à la rencontre des soignants du Pool général du secteur nuit du CHU. Nous avons suivi deux professionnelles de cette équipe qui, chaque soir, se rend dans les différents services du CHU pour remplacer les collègues des équipes fixes. En route pour une nuit avec Thérèse Bouyer et Lydia Huet

D’habitude, quand on dit “bonne nuit” à quelqu’un, c’est plutôt pour lui souhaiter un bon repos. Mais pour les infirmiers et les aides-soignants du pool général du secteur nuit, ces mots résonnent plutôt comme un “bon courage”.

Nous sommes lundi soir, 20h40. Thérèse Bouyer commence sa semaine par un passage dans le bureau des cadres de nuit : “Certains préfèrent donner un coup de fil pour savoir où ils doivent se rendre pour la nuit, mais moi je préfère venir au bureau. C’est l’un des seuls moments où l’on croise nos collègues du pool G.”

Le “pool G”, comme le groupe a pris l’habitude de l’appeler, ce sont 16 infirmiers et 15 aides-soignants à même de remplacer leurs collègues de nuit dans les équipes des services du CHU. A l’exception de la cardiologie, la neurochirurgie, les réanimations chirurgicale et médicale, et la pédiatrie qui fonctionnent en autonomie pour leurs effectifs de nuit, tous les services peuvent faire appel à ce pool pour remplacer un soignant en arrêt maladie, en formation ou encore pour compléter un temps partiel.

Chaque soir un nouveau service, de nouveaux patients

Pas de routine pour ces professionnels de santé qui changent de service à chaque prise de poste ou presque. Cette nuit là, ce sera la néphrologie pour Camille (IDE), la chirurgie viscérale pour Anita (AS), l’addictologie pour Jacques (AS), etc. Thérèse, elle, part dans l’unité 1 du service d’endocrinologie – diabétologie – nutrition. “J’ai fait un remplacement il y a quelques semaines dans l’unité 2 juste à côté, donc c’est très bien, j’ai mes repères”, commente-t-elle.

D’un service à l’autre, voire d’une unité à l’autre, c’est toute une organisation qu’il faut intégrer, à commencer par le code des vestiaires. Comme on garde précieusement une liste de contacts collectés au fil des ans, Thérèse, 18 ans dans le “Pool G” conserve les codes des vestiaires des services pas lesquels elle est passée et où elle reviendra certainement.

A 21h Thérèse est donc prête pour les transmissions avec les infirmières de jour de l’unité. Les dossiers des patients sont passés en revue, Thérèse en prend soigneusement note. Brahim, aide-soignant fixe de nuit de l’unité écoute ces transmissions avec attention, il sera le binôme de l’infirmière remplaçante pour la nuit. Alors que le jour infirmiers et aides-soignants évoluent de façon indépendante, la nuit, c’est en duo que les soignants s’affairent auprès des patients. “Le matériel ou la pharmacie ne sont pas ordonnés de la même façon dans tous les services. Pour les urgences c’est pareil : parfois le chef de service demande à ce que ce soit lui qui soit appelé, parfois c’est le médecin ou l’interne de garde.

C’est important de pouvoir compter sur une personne qui maîtrise tous ces codes”, rappelle Thérèse. Trois tournées de chambres ponctueront la nuit. La première démarre, à 22h, avec toujours un peu plus de stress que les suivantes : bien intégrer les visages, les traitements… C’est une attention de tous les instants, un “bon stress” selon Thérèse. “On s’enrichit énormément, on pratique beaucoup de gestes techniques différents, on est face à de nombreuses pathologies, et puis on est toujours très bien accueillies par les équipes fixes.”

La clé de la réussite : le travail en binôme

A minuit Thérèse s’apprête à finir sa première tournée. Nous rejoignons alors Lydia Huet aide-soignante du Pool général qui travaille cette nuit en chirurgie osseuse. “Je n’étais pas venue ici depuis un an, mais tout se passe bien.” Le premier tour des chambres est terminé : une quinzaine de patients, dont 5 post-opératoires. Pour cette nuit, Lydia est en binôme avec l’infirmière Céline Dubos. Prise de tension, douleur, état du pansement, à chaque patient ses besoins. “Le fait de travailler en binôme avec l’infirmière est important. La prise en charge des patients se fait sereinement.” Du côté des équipes fixes également on apprécie la venue d’un ou d’une collègue du Pool général du secteur nuit : “Quand on leur fait appel c’est qu’on a besoin d’un coup de main pour atteindre notre effectif de nuit. Sans eux, ce ne serait parfois pas gérable”, atteste Céline Dubos.

En travaillant dans plusieurs dizaines d’unités de soins au CHU, Lydia et ses collègues aides-soignantes ou infirmières ont une vision élargie des pratiques de soins dans l’établissement. De retour en EDN avec Thérèse, cette dernière confirme : “Si l’on est confronté à une situation un peu inhabituelle pour le service où l’on travaille cette nuit là, comme une ventilation non invasive, une antibiothérapie différente… on ne s’affole pas. On sait faire.”

Pour Lydia comme Thérèse, la troisième tournée sera calme. Elles continueront leur nuit jusqu’à la relève de l’équipe du matin, à 6h30. Demain, elles seront peut-être ailleurs.

Laisser un commentaire